Auteur: Héloïse Guay de Bellissen

Edition: Flammarion

Date de parution: 7/02/2018

Nombre de pages: 336 pages

 

Résumé

C’est un conte, un conte bien réel. Une jeune femme ouvre les archives du tribunal d’Annecy pour revenir sur le fait divers qui a détruit sa famille, trente ans auparavant. Pourquoi ne lui a-t-on jamais parlé de sa cousine Sophie, victime à 9 ans du « monstre d’Annemasse » ? Elle plonge dans sonhistoire comme on plonge dans la gueule du loup. Le loup qui la guette depuis l’enfance. Le loup qui a tué, jeune assassin dont la vie a été pulvérisée par un drame. Le loup qui agit silencieusement au sein de chaque famille. Héloïse fait œuvre de vérité, met en images les mauvais rêves, revient dans la maison de vacances où les petites filles vivaient en dehors du temps des adultes.
Revisitant le mythe du Chaperon rouge, Héloïse Guay de Bellissen, dans son roman le plus ambitieux, décrit admirablement le monde noir et solaire de l’enfance, et redonne au fantôme d’une fillette existence, dignité et amour.

 

Avis

J’avais très hâte de lire ce roman. En effet, j’ai lu les deux romans précédents de l’auteur (Le roman de Boddah et les enfants de chœur de l’Amérique) et je les avais tous les deux adorés!!

Ici c’est un livre très particulier pour l’auteur. On y parle toujours d’enfance torturée suite à un événement existant et passé mais cela touche personnellement l’auteur. En effet, Héloïse est la cousine de Sophie, la victime du tueur d’Annemasse. Suite à la diffusion d’un épisode de Faites entrer l’accusé, l’auteur découvre son secret de famille.

Elle nous emmène avec elle à Annemasse où elle repart sur les traces de Sophie. On y suit l’enfance du tueur, ce qui va « le nourrir » pour devenir le monstre qu’il est devenu. On y suit aussi la recherche de souvenirs de l’auteur et l’évolution de l’enquête.

L’auteur (et nous même) comprend grâce à cette révélation sa « fascination » pour les histoires qui parlent d’enfance torturée qui transforme l’homme en monstre. Avec ce roman, Héloïse fait une sorte de thérapie envers elle-même et arrive à « sortir du ventre du loup ». J’ai beaucoup aimé le passage de la peur de l’auteur de prendre le bain suite à l’assassinat de sa cousine. Elle ignore à ce moment-là ce qui est arrivée. Son inconscient lui dit que quelque chose de grave s’est passé et que dorénavant rien ne sera comme avant. Cela m’a fait pensé à un événement de mon enfance et m’a particulièrement touché. Cela reflète bien le fait qu’il est indispensable de ne pas mentir à un enfant sur des faits même durs. On pense protéger ainsi son enfant mais ce n’est pas toujours le cas.  L’enfant sent qu’il se passe quelque chose et l’imagination peut créer des phobies ou des souvenirs bien plus cruels que la réalité!!

J’ai beaucoup aimé la métaphore du loup et les citations à chaque fin de chapitres.

Ceux-ci sont très courts et alternent entre le passé et le présent. Le fait que les chapitres sont très courts mettent de l’action et donnent envie de tourner les pages mais pas seulement. A chaque fin de chapitre, cela m’a permis de reprendre ma respiration car au fur et à mesure de l’histoire je me mettais de plus en plus en apnée et j’avais la nausée devant l’horreur des faits.

La plume de l’auteur est magnifique et je ne m’en lasse pas. En plus de l’intrigue qui est passionnante, l’auteur y rajoute de la poésie grâce à son style d’écriture et son talent.

C’est assez rare que j’ai autant de choses à dire après ma lecture. Ici j’ai tellement de choses à dire que je n’ai pas pu attendre avant de vous écrire mon avis. Vous l’aurez donc compris; il vous faut lire ce livre tout comme tous les autres livres de l’auteur. Ce sont tous des one-shot. Cependant,  je pense que pour comprendre davantage l’auteur et aimer davantage le message de celui-ci, il est préférable de lire au moins un des deux précédents avant.

Merci à l’auteur et à Flammarion de m’avoir fait vivre ce beau moment. Je ne ressors pas indemne de cette lecture et je n’oublierai pas cette histoire.

Note 10/10

Publicités