Auteur: Georges S. Schuyler

Edition: 10/18

Date de parution: 7/06/2018

Nombre de pages: 240 pages

 

Résumé

Et si les Noirs devenaient blancs, le racisme disparaîtrait-il pour autant ? Selon Max Disher, jeune Noir de Harlem en ce début des années 1930, un membre de sa communauté n’a que trois alternatives : « Foutre le camp, devenir blanc ou serrer les dents ». Incapable de partir et n’appréciant guère de s’aplatir, Max va bondir sur la deuxième opportunité. En effet, grâce à Black No More™, mystérieux procédé créé par un certain Dr Junius Crookman, qui permet de changer de couleur de peau en trois jours (et vingt-quatre heures seulement pour un nouveau-né !), Max et une foule de clients noirs empressés sont blanchis et peuvent ainsi s’introduire dans un monde qui leur était jusque-là interdit. Mais les Blancs sont-ils vraiment plus heureux ? Ce que Max découvre de leur société ne tarde pas à le laisser dubitatif… Roublard et opportuniste, notre anti-héros ira néanmoins au terme d’une rocambolesque aventure qui fera de lui, l’ex-Noir de Harlem, le porte-parole d’une nouvelle organisation suprématiste blanche, les Chevaliers de Nordica, des épigones du Ku Klux Klan qui s’insurgent contre la transformation de la race à grande échelle !… Fable satirique grinçante, dans la lignée d’un Swift et d’un Orwell, Black No More ne se contente pas de déboulonner les mythes de la suprématie blanche et de la pureté raciale mais brocarde aussi les principaux leaders de la NAACP et de la Harlem Renaissance. Original et atypique, le roman de Schuyler nous offre un point de vue décapant sur l’hypocrisie, la démagogie et les magouilles populistes accompagnant l’obsession américaine pour la couleur de peau.

Avis

J’avais très hâte de lire ce livre à la suite de ma lecture du résumé. Ce livre a mis 85 ans à être publié en France. Le sujet est malheureusement intemporel puisque le racisme existe encore bel et bien dans le monde et d’autant plus aux USA.

Je l’ai donc lu quelques jours après ma réception du livre. Il se lit rapidement. On est directement plongé au cœur de cette contre-utopie.

George Schuyler nous a écrit un roman accablant sur le racisme mais aussi sur la politique. Les politiciens vont tirer profit de cette « révolution » pour les prochaines élections. C’est un roman qui parle de sujet difficile mais l’auteur y intègre un peu d’humour et d’ironie afin de rendre le roman un peu plus « divertissant ».

J’ai bien aimé voir l’évolution du personnage de Max et réfléchir aux questions qu’il se pose. Finalement, les blancs sont-ils plus heureux que les noirs?

On y voit également d’autres problèmes sociaux et de rejet à la suite de ce « traitement ». En effet, de nombreux noirs sont devenus blancs et de ce fait, ils sont plus difficiles à être identifiés. Ceci va créer une « psychose » et de la crainte de la part des blancs « originels » notamment pour les mariages et les enfants à naître.

J’ai fait quelques parallèles avec l’écriture de Georges Orwell. Cependant, j’ai trouvé la plume de George Schuyler plus abordable et donc moins difficile à lire. Il faut cependant être concentré dans la lecture pour y lire entre les lignes et être attentif aux sous-entendu et message de l’auteur.

Je recommande ce livre aux personnes sensibles à la cause des afro-américains et du racisme en général ainsi qu’aux fans de contre-utopie.

Note 7,5/10

Publicités