Auteur: Julie Gouazé

Edition: Belfond

Date de parution: 4/10/2018

Nombre de pages: 160 pages

 

Résumé

 » Elle s’appelle Lou et demain elle change de tanière. Elle prend ses louveteaux dans sa gueule pour les emmener ailleurs. Elle défait son couple. Elle déconstruit sa famille. Elle va bâtir sa vie.  »
C’est avec le cœur serré mais une volonté de fer au fond de sa poche que Lou quitte Marc, l’homme de sa vie. Elle part avec leurs deux enfants. La rage au ventre, elle subit les assauts du monde extérieur devenu féroce. D’abord à terre offrant sa gorge à la morsure, Lou, devenue chef de meute, petit à petit renaît. Puis elle tombe à nouveau amoureuse. D’une femme.
Comme dans un conte pour enfants, faussement naïf et terriblement cruel, Julia Gouazé livre avec force et authenticité le combat de Lou contre l’homophobie, révélant le courage de tout laisser derrière soi alors que l’on avait tout pour soi.

Avis

J’avais lu Les corps de Lola il y a deux ans de cette même autrice. J’avais beaucoup aimé son style particulier.

Dans Quand on parle de Lou, on retrouve cette plume poétique et incisive. En effet, les phrases sont très courtes tout comme les chapitres. Cela donne du rythme et nous met en apnée par moment. L’enchaînement de ces phrases courtes rajoute de la force aux mots. L’auteur y mêle des références musicales, littéraires,… Tous les mots sont choisis. Rien est laissé au hasard jusqu’au titre de ce livre. Le roman est construit comme une histoire pour enfant qu’on peut raconter le soir. On y retrouve les gentils, les méchants et le happy end. Mais le parallèle s’arrête là. C’est bien un roman à destination des adultes voir des adolescents.

On retrouve une jeune femme qui va quitter son mari pour une femme. On va y suivre tous les préjugés sur l’homosexualité et les reproches de la société sur cette femme. C’est un beau roman sur la Femme et l’Amour.

Le passage qui m’a sûrement le plus marqué est le changement de comportement de l’entourage de Lou et notamment celui de ses enfants après quelques mois d’école. Les enfants trouvaient rien d’anormal dans le fait de vivre avec Lou et Lucie jusqu’au jour où les copains et leur parents leur en fait comprendre que ce n’était pas « normal ». Cela est bien la base de tous les rejets de la société dans les écoles. Un enfant ne naît pas homophobe, raciste, grossophobe, … Il le devient à cause de la société dans laquelle il évolue et de l’éducation qu’il reçoit. L’autrice a relevé aussi ce point grâce à l’exemple des manifestions contre le mariage pour tous où des enfants brandissaient des pancartes abjectes.

Ce roman m’a fait l’effet d’une claque. Dur de faire autre chose, de penser à autre chose une fois le livre refermé. Je penserai longtemps à ce roman que je relirai plus tard. Je vous le conseille si vous aimez les romans contemporains où on parle d’amour, d’homosexualité et surtout d’homophobie.

Je suis déjà pressée de retrouver la plume de l’auteur dans son prochain roman.

Note 9/10

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